La MAXI RACE

On est partis vendredi matin de Marck, avec le minibus de la ville et plusieurs voitures (Laura, Pascal, Nadège…) car il fallait que Nico, Olive, Hélène & Nadège soient à temps à Annecy pour retirer leurs dossards pour leurs courses du samedi.

Une fois cela fait, on a filé au camping s’installer. Le samedi, eux sont partis à 05h30 du matin, nous on a circulé toute la journée, pour les voir aux différents points de passage ou de ravitos…On est aussi allé retirer nos dossards, puis retour au camping pour préparer nos sacs et profiter de la piscine avant la grosse journée du dimanche !

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Ainsi, le samedi soir, une fois Koh-Lanta fini (merci les enfants!), tout le monde au dodo ! Réveil collégial à 04h30 ( pour l’un de nous c’était une première!), petit dèj’ copieux pour tous, et c’est parti ! Le soleil pointe déjà le bout de son nez et un peu d’anxiété commence aussi à apparaître : le traditionnel « qu’est-ce que je suis venu faire ici ?! » car entouré de toutes ce montagnes je réalise qu’il va falloir monter, monter…d’autant plus que depuis le camping, on voyait une toute petite maison, tout là-haut, près de laquelle on va passer ! !

Placé dans un sas avec Tony, selon une estimation de notre temps de course entre 06h30 et 07h30, tout le monde piaffe d’impatience ! Une dernière photo, et c’est parti !!

tony & lolo

Les 1700 coureurs partent au petit trot, pour 3kms de plat, dans le village de Doussard, pour arriver à un entonnoir au pied de la montagne. Je m’arrête pour une pause pipi car je sais qu’après, il faudra rien lâcher et la montée sera en file indienne, avec très vite un tronc d’arbre désormais célèbre, à franchir un par un ! Gros ralentissement dès le départ, puis étalement des coureurs dans les sous-bois.

Cette Marathon-Race se résume vite : 1 montée, 1 descente, 1 gros ravito, 1 montée, 1 descente, l’arrivée ! Le décor est planté !

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Beaucoup de sous-bois, mais des sentiers très techniques, entre racines, pierres roches, dévers…C’est assez sec donc une fois la file étirée je gère la course assez sereinement, sans trop me stresser avec la montre. La montée vers la première barrière horaire nous fait prendre 1200m de dénivelé en 15km ! UN MUR !

Mais des paysages, des points de vue superbes, la souffrance offre des cadeaux qui se méritent !

Bon an mal an j’arrive à la première barrière horaire avec plus d’une heure d’avance, donc je suis rassuré et conforté dans ma gestion ! Puis voilà la première grosse descente, qui va me mener vers Menthon et le gros ravito…Elle fait 12km…Me sentant en bon état, je décide de me faire plaisir, car je sais que je ne referai pas ce genre d’épreuve tous les jours ! Et me faire plaisir, c’est simple : je lâche les chevaux ! La descente est très raide, cailloux, racines, pierres, racines etc…donc grand besoin de toute la concentration possible ! Mais cela me permet de dépasser nombre de coureurs plus « frileux », dont Tony, qui souffre du pied, au 17ème. Je suis comme un gosse dans un magasin de jouets, c’est openbar !! Mes quadris tentent de me rappeler à l’ordre à partir du 20ème, que je passe après 3h de course. L’allure me surprend un peu, mon état général aussi, mais au diable les calculs, seul le plaisir immédiat compte! Je me connais un peu, et je décrète que le corps va tenir, point barre ! !20180527_094718.jpg

Au 27ème, arrive le ravito, où puisque tout va bien je ne souhaite pas trop m’arrêter. Je remplis ma poche à eau, mange de l’excellente quiche, du jambon, et je ressors ! Là, je tombe sur toute la bande de copains venus nous voir ! Je ne change même pas de chaussettes, j’allège même mon sac pour finir au mieux ! Un grand merci à tous & toutes pour ce soutien, ces sourires, ces quelques mots au meilleur moment !

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La 2ème grosse côte m’attend aussitôt, elle est là, face à moi, et je sais que la veille Nico avait souffert au même endroit (certes sa distance totale n’était pas la même, respect!), alors je me mets en mode « éco » : la tête dans le guidon, pas d’effort inconsidéré, dans la file comme les autres ! Cette côte fait presque 10 km, elle est effectivement très dure, car elle tombe au midi et il fait déjà très chaud ! Je dépasse des gars dans des états terribles: assis le regard vide, hagards, ou vomissant leurs tripes…Dans la file, je prends quelques coups de bâtons en doublant ou me faisant dépasser par des inexpérimentés, ça fait mal quand même !

Au final, cette côte me semble passer correctement, je sens mes quadris même soulagés, et je me prépare pour la dernière descente, que j’espère finir correctement!En haut, le passage au Mont Baron, au 36ème km, me fait profiter de la vue splendide sur le lac, et sur Annecy !!

Il faut bien descendre, et c’est extraordinaire, je lâche encore tout cette fois, les quadris sont en feu, littéralement, mais je ne leur laisse pas le choix, il faut tenir ! Comme un cabri, entre racines, grosses pierres ou sentier, quelques passages de gadoue, des bosses, des dépassements hasardeux, voire dangereux, tout passe ! !

Les derniers km sont jalonnés de panneaux d’information, ce qui m’affole sur le chrono que je suis en train de réaliser : dès le 33ème (passé en 5h05 de course), je sentais que je pouvais passer sous les les 7h, mais là je voyais les 6h45 arriver !

A la sortie de la foret, il reste la cerise sur le gâteau : une passerelle montée pour passer la rue principale d’Annecy et accéder au bord du lac pour le sprint final…Là j’entends puis je vois Didier qui me crie dessus, puis plus loin Pascal, Françoise et les autres ! ! Ma montre m’indique 6h30 et il reste plus qu’un km ! Incroyable ! Je fonce, à bloc (relativisons le « à bloc » quand même!) malgré les jambes qui n’en peuvent plus !

La ligne passée, 324ème en 6h34, je réalise que je suis allé au-delà de mes forces, de mes prévisions, et même de mes rêves les plus fous !

Je vous passe les splendides panoramas, les passages dans la neige (le tunnel, quel tunnel ?!), les cordes ou les câbles où agripper pour monter ou passer, le nez dans le vide ! Je passe également cette sensation inédite (et assez bizarre!) de sentir ses jambes travailler toutes seules comme des grandes, sans que le cerveau commande ! ! Je vous passe enfin le bain dans le lac d’Annecy, puis la crise de froid qui a suivi ! !

Bref, ce fût une formidable expérience, bien au-delà de la course à pied, un moment exceptionnel , où le physique et le mental se confondent, où parfois le corps et l’esprit se battent pour tenir, un moment de souffrance et de bonheur mêlés…Indescriptible autant qu’intense, c’est juste la sensation très personnelle d’avoir effleuré quelque chose…Mais quoi ?!

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Merci à tous et toutes pour ce fabuleux week-end, et particulièrement à Laura et Nico (à votre santé!) pour m’avoir embarqué dans cette aventure !i

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