Trail des poilus 2018

Ce samedi 10 mars, les coureurs de l’As Marck courraient aux 4 coins du grand nord. Championnat de France de Cross a Plouay, Grande Synthe, Semi des 2 caps et enfin le Trail des Poilus.

4 Marckois avaient fait le déplacement, on y retrouvait donc Paul Maes et Nicolas Vraunat venu clairement pour jouer devant. Puis Laurent Tessier et votre serviteur (Arnaud Constant) venu pour finir dans le meilleur état possible.

8h30 nous nous retrouvons a l’entrée du château, petite photo (Paulo avait oublié quelque chose dans sa voiture 🙂 ) et il est temps de rejoindre la cours.

9h le départ est donné pour nos deux cadors pas question de flâner en route ils se positionnent ensemble en chasse de Donatien DROUIN partie comme une balle de fusil.

Pour Laurent et Arnaud partis au fin fond du peloton, le premier kilomètre allait être très long plus de 13 min. Ce sera encore le cas jusqu’au 4ème ou le peloton sera enfin étiré comme il se doit et permettre à chacun de prendre son allure.

Devant l’allure est furieuse, toujours ensemble Paul et Nicolas ne ménagent pas leurs efforts, ils passent au premier ravitaillement quelques minutes de retards sur les deux de devant.

Le circuit pour le moment est roulant et plaisant quelques faux plats, quelques talus, Arnaud et Laurent évoluent a leur rythme, ils arrivent également au premier ravitaillement ensemble. Le temps de se restaurer un peu, l’arrêt est rapide.

31éme kilomètres et la mi-course, les organisateurs ont prévu un ravitaillement plus conséquent, les pluies des derniers jours ont rendu le parcours un peu plus technique et physique, la boue qui colle aux baskets ne facilite pas la tâche mais pour le moment le terrain de jeu et plutôt plaisant. Aprés 2h37 de course, Nicolas et Paul feront un passage express au stand afin de perdre le moins de temps possible, toujours 3éme et 4éme, ils filent bon train.

Après un peu moins de 3h50 de course, je retrouve Laurent, malheureusement la pluie s’invite à la fête, mais à ce moment-là nous ne savons pas encore dans quelle galère nous nous lançons. Laurent repart, je finis de me changer et je me lance a mon tour. Quelques hectometres de route et nous rentrons dans le vif du sujet.

Pour Paul et Nicolas, les montagnes Russes se sont enchaînées, toujours au contact de Paul jusqu’au 39éme kilomètres Nicolas va même s’accorder plus d’un kilomètre de Rab en sortant du circuit, heureusement petite péripétie et petite conséquence, avant dernier ravito, la dernière ligne droite, mais elle est loin d’être simple.

Laurent gardera un petit matelas sur moi, durant cette nouvelle section jusqu’au ravitaillement suivant. Et quelle section. Des montées que l’on passe à 4 pattes, ruiné par la pluie et le passage des meilleurs. Des descentes ou les crampons sont inefficaces, seule solution tobbogan sur les fesses. Puis un passage, le passage, 600 m en descente où J’ai passé plus de 8min…. oui oui 8min pour descendre 600 m. Accroché aux arbres, à la clôture, bref tout ce qui peut nous ralentir dans ce chemin abrupt sans aucun appui, ou les ronces se font un malin plaisir de vous accueillir lorsque par malheur vous vous ratez un temps soit peu.

Sortie de cette enfer direction les tranchées heureusement pour nous, ceux qui ont fait le 62 kms c’est à peu près sec, juste de l’eau jusqu’à mi mollets 😊, rien à voir avec la voie d’eau du lendemain, mais suffisant cependant pour déclencher des crampes, ampoules et autres réjouissances pour bon nombre de mes accompagnateurs. Lorsque j’arrive au ravitaillement, Laurent est déjà passé depuis quelques minutes, ma femme qui m’a accompagné a chaque ravitaillement me remplit mes bidons pour la dernière fois un morceau de banane, un pain d’epice et c’est reparti.

Les epérons, pour ceux qui ont fait la Bouillonante, ce sont des mini « WALL » plus court mais tout aussi pentu, Paul est toujours installé à la 3éme place, content de son rythme de course, alors que la veille il était au bord du forfait, la faute à des vilaines nausées. Il choisit pour cette dernière partie de se munir des bâtons, choix qui ne s’avera pas forcément aussi payant que prévu. Nicolas de son côté perdait un peu le fil de sa course et de son rythme, pour une première sur ce type de Trail cela reste tout à fait normal, ça s’appelle l’apprentissage.

Aux alentours du 50éme kilomètres, j’aperçois en contrebas Laurent, coup de boost, je reviens sur lui, nous faisons un bout de chemin ensemble, passage aux 53ème kilomètres dernier ravitaillement et c’est reparti pour ce qui doit être les 9 dernières bornes.

Bien avant nous, Paul est passé au 53éme kilomètres et son ravitaillement. Quelques problèmes d’ampoules, il prend le temps de s’arrêter pour un changement de chaussette cependant il perdra le podium la manoeuvre, reparti le couteau entre les dents, il prendra une superbe 4éme place en 5h50, dans la tête, il se projette déjà sur la prochaine édition et les endroits où il pourra gagner du temps et bien sûr des places. L’apprentissage c’est comme ça que Nicolas a vécu des derniers kilomètres, 9 kilomètres en 1h20, courir, marcher, maintenir un maximum le rythme pour être finisher en 6h35, 20ème au scratch sur plus de 1000 participants, heureux de cette performance et lui aussi se projette dans le futur avec la maxi-race autour du lac d’Annecy dans quelques semaines.

Après être reparti du ravito, Laurent et moi integrons un petit groupe, pour certains comme nous novice sur l’épreuve, les déjà finisher des éditions précédentes nous explique la qualité du dessert, les discussions vont bon train, les kms passent plus vite mentalement, mais chronometriquement, c’est pas forcément le cas. Nous apprenons que nous sommes dans les 300 premiers ce qui suffit à notre bonheur puisque nous sommes quasiment sur maintenant d’être finishers nous aussi. 57éme kilomètres, notre dame de Lorette, le mémorial, mais ce n’est pas fini, alors que nous pouvons apercevoir l’arrivée, l’organisateur décide de nous faire redescendre jusqu’au 60éme pour une dernière rampe sèche jusqu’à l’arrivée. Je commence à avoir les adducteurs qui sifflent, Laurent me lâche pour prendre la 171éme place en 8hxxx quant à moi j’arrive dans la dernière ligne droite d’arrivée en 8h35 et une inespérée 183éme place. Nous récupérons notre Graal, la veste des finishers 😊. Retour à la maison, place à la récupération pour préparer les 80 kms de l’UTMF pour Laurent et les 50 kms de Bouillon pour moi.

Ils ont dit:

Laurent: 

Le 13 mars 2016, en balade familiale à Notre-Dame de Lorette, j’ai assisté à l’arrivée des trailers des « Poilus »…Ce jour-là, j’ai vu la fatigue, la souffrance voire la détresse, mais j’ai aussi vu, dans leurs yeux, le soulagement, la délivrance, le bonheur d’en finir…

J’avais déjà tâté du trail, je me doutais un peu de leurs sensations, mais ce jour-là, je me suis dit : » Un jour, ce sera moi, là ! Ils en ont bavé, les gars, mais ça a dû être magique comme parcours !! Il faut que je le fasse»

A l’inscription, en septembre, liste d’attente, Bim !…repêchage, Ouf ! Depuis, doucement mais sûrement, préparation, avalage de kilomètres et de dénivelé…Et on y est !!

La course s’est déroulée assez bizarrement : pas de douleur notable, une tranquillité mentale et physique assez déconcertante parfois… Certes, c’est un parcours exigeant, dur, physique, long, mais jamais le mal n’a pris le dessus sur le mental ! J’ai discuté avec les autres coureurs, et on se faisait la réflexion qu’il y a 100 ans, les poilus (les vrais!) n’avaient pas payé pour être là, eux, ni choisi, ni des tenues techniques dernier cri, mais une grosse parka qui gratte, une carabine, une besace avec éventuellement un repas , et surtout, eux, ils passaient là la peur au ventre ! !

Tout ça m’a permis de relativiser durant les efforts, certes les côtes étaient longues et dures, les descentes glissantes ou collantes, la (fameuse!) tranchée pleine d’eau a fait du mal…Mais au final, ça passait à chaque étape, et ravito après ravito (merci encore Carole!), km après km, j’y suis arrivé !

Heureux d’avoir pu le faire, au départ puis à l’arrivée encore plus heureus d’avoir pu le partager avec Arnaud, entre partenaire de préparation ! !

RV dans 2 ans pour sûr !

Nicolas: 

Salut petit retour sur le trail des poilus 2018 ,

Pour ma première expérience sur une longue distance, j’ai encore beaucoup à apprendre tant sur ma vitesse de course car il est parfois très dur de courir à des allures que l’on a pas l’habitude de courir et aussi sur la gestion  alimentaire.

Je garde un très bon souvenir de cette superbe course, je cours un bon bout de chemin avec Paul Maës, jusqu’au 39éme et ensuite je perd un peu de rythme suite à une erreur de parcours au 41éme kilo ou je me retrouve à faire 1km2 en plus avant de revenir sur le parcours

Ensuite la fin de course après le ravitaillement du 53éme kilo fut  dur et long en ce qui me concerne, il restait 9km avec pas mal de dénivelé et je mets plus 1h20 pour réaliser ses derniers kilomètres qui ont été en grosse partie marché car je n’arrivais plus à respirer, j’avais la sensation d’avoir trop bu d’eau et donc le souffle coupé.

Je termine tout même finishers en 6h35 et 20éme au général sur plus 721  finishers.

Je remercie encore ma petite femme qui n’a pas cessé de m’encourager et de m’aider sur chaque ravitaillement.
Maintenant place à un peu de repos avant d’entamer la préparation de la Maxi race pour 85 kilomètres fin mai.

Paul: 

Trail des Poilus 2018 dans les lauréats !!! 4eme place en 5h50 ! Impensable il y a encore 24h, j’ai pourtant réussi à aller au bout de moi-même sur cette course de 62km et quasiment autant de péripéties… Merci à mes petits ravitailleurs de Luxe ma chérie d’amour et Julien et merci Nico pour le bout de route ensemble.

Fier de hisser les couleurs DEFILEASE sur le car podium et aussi celles de l’AS Marck Athlétisme par la même occasion !

Un énorme bravo à Jacky Clement et son équipe qui ont su faire de cette épreuve un Monument du sport dans notre beau département du Pas-de-Calais !!!!

Des souvenirs plein la tête !!

Me concernant:

Je suis arrivé avec deux idées en tête être finisher et ne pas me blesser au vue de la preparation quelque peu tronquer 3 semaines avant l’evenement, mission réussi avec un inesperé top 200

La lofistique assurée par ma femme m’a permis de ne jamis me mettre de pression quant à la suite de la course, que ce soit pour le changement de vetement ou que ce soit pour les ravitaillement en biscuit 3 D quand je n’en pouvais plus du sucré.

En tout cas une belle petite virée, que je referais peut être dans 2 ans 🙂

 

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